Texte de loi
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1La Confédération contribue à renforcer les liens qui unissent les Suisses et les Suissesses de l’étranger entre eux et à la Suisse. Elle peut soutenir les organisations qui poursuivent cet objectif.

2Elle légifère sur les droits et les devoirs des Suisses et des Suissesses de l’étranger, notamment sur l’exercice des droits politiques au niveau fédéral, l’accomplissement du service militaire et du service de remplacement, l’assistance des personnes dans le besoin et les assurances sociales.

Art. 40 — Suisses de l'étranger

Aperçu

L'article 40 de la Constitution fédérale règle les relations entre la Suisse et ses citoyens à l'étranger. La Confédération reçoit ainsi une double mission : elle doit encourager les liens entre les Suisses de l'étranger et avec la patrie. En outre, elle doit édicter des lois qui règlent leurs droits et leurs devoirs.

Selon la doctrine juridique, sont considérées comme Suisses de l'étranger les personnes qui vivent durablement à l'étranger et possèdent la nationalité suisse (Tschannen, BSK BV, Art. 40 N. 4). Les séjours de courte durée à l'étranger comme les vacances ou les voyages d'affaires ne relèvent pas de cette catégorie.

L'article crée une compétence fédérale importante (Tschannen, BSK BV, Art. 40 N. 3). Normalement, les cantons sont compétents pour s'occuper de leurs citoyens. Pour les Suisses de l'étranger, c'est la Confédération qui est responsable, car elle seule dispose des liaisons diplomatiques nécessaires.

La Confédération peut soutenir des organisations qui s'occupent des Suisses de l'étranger. Par exemple, elle encourage l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE), qui fonctionne comme organisation faîtière de plus de 750 associations suisses à l'étranger. Les particuliers n'ont toutefois pas droit à un soutien étatique.

En matière de droits et de devoirs, il s'agit principalement de quatre domaines : participation politique (droits de vote et d'éligibilité), service militaire, soutien financier en cas de détresse et assurances sociales. Les Suisses de l'étranger peuvent participer aux votations fédérales, mais sont en principe astreints au service militaire. Si quelqu'un rentre en Suisse sans ressources, la Confédération prend en charge les coûts de l'aide sociale pour les trois premiers mois.

Le droit de vote des Suisses de l'étranger est controversé. Les critiques comme Biaggini (ZBl 2013, 470) et Hangartner (AJP 2001, 964) s'interrogent sur la légitimité de laisser participer aux décisions des personnes qui ne sont pas affectées par les conséquences de leur vote. Les partisans invoquent la nationalité comme critère le plus important pour les droits politiques.

Dans la pratique, les Suisses de l'étranger doivent se faire enregistrer auprès de l'ambassade ou du consulat compétent pour pouvoir exercer leurs droits. Sans cette inscription, aucune participation politique n'est possible.