Texte de loi
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1Toute restriction d’un droit fondamental doit être fondée sur une base légale. Les restrictions graves doivent être prévues par une loi. Les cas de danger sérieux, direct et imminent sont réservés.

2Toute restriction d’un droit fondamental doit être justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui.

3Toute restriction d’un droit fondamental doit être proportionnée au but visé.

4L’essence des droits fondamentaux est inviolable.

Aperçu

L'art. 36 Cst. règle quand et sous quelles conditions l'État peut porter atteinte aux droits fondamentaux des citoyennes et des citoyens. Cette disposition fonctionne comme une sorte de « frein d'urgence » au pouvoir étatique. Elle protège contre les atteintes arbitraires à des droits fondamentaux comme la liberté d'opinion, le droit au respect de la vie privée ou la garantie de la propriété.

Qui est concerné ? Toutes les autorités publiques — de la commune à la Confédération — doivent respecter ces règles. Sont également concernées toutes les personnes dont les droits fondamentaux doivent être restreints, que ce soit par des lois, des ordonnances ou des décisions individuelles.

Que demande cette disposition ? Quatre conditions strictes doivent être remplies de manière cumulative (toutes ensemble) :

  1. Base légale : Les atteintes graves nécessitent une loi formelle du Parlement. Pour une perquisition domiciliaire, une ordonnance ne suffit pas. L'État ne peut agir sans loi qu'en cas de danger imminent.

  2. Justification : Un intérêt public (sécurité, santé, ordre) ou la protection d'autres droits fondamentaux doit justifier l'atteinte. La simple commodité de l'administration ne suffit pas.

  3. Proportionnalité : Le moyen doit être approprié, nécessaire et raisonnablement exigible. Une interdiction totale de manifester serait disproportionnée si des conditions suffisaient.

  4. Protection du noyau intangible : Le noyau absolu d'un droit fondamental ne peut jamais être touché. L'interdiction de la torture ou le minimum vital sont intangibles.

Exemple pratique : Si la police veut perquisitionner un domicile, elle a besoin d'une base légale (Code de procédure pénale), d'un motif justifié (soupçon d'infraction), de moyens proportionnés (ne pas saccager tout l'appartement pour un délit de bagatelle) et ne doit pas détruire le noyau intangible de la sphère privée.

Cette disposition s'applique à toutes les atteintes aux droits fondamentaux — des contrôles de circulation aux lois fiscales. Elle constitue l'instrument le plus important pour protéger la liberté individuelle dans un État de droit.