Texte de loi
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1Les droits fondamentaux doivent être réalisés dans l’ensemble de l’ordre juridique.

2Quiconque assume une tâche de l’État est tenu de respecter les droits fondamentaux et de contribuer à leur réalisation.

3Les autorités veillent à ce que les droits fondamentaux, dans la mesure où ils s’y prêtent, soient aussi réalisés dans les relations qui lient les particuliers entre eux.

Aperçu

L'art. 35 Cst. définit comment les droits fondamentaux (droits constitutionnels comme la liberté d'opinion ou l'égalité de traitement) sont mis en œuvre en Suisse. La norme s'adresse à trois groupes différents.

Premièrement, tous les tribunaux et autorités doivent respecter les droits fondamentaux dans leurs décisions. Lorsqu'un tribunal rend un jugement ou qu'une commune délivre une autorisation, ils ne peuvent pas violer les droits fondamentaux.

Deuxièmement, les organisations privées sont également liées par les droits fondamentaux lorsqu'elles accomplissent des tâches étatiques. Les CFF doivent par exemple autoriser les expressions d'opinion politique dans leurs gares, car elles exploitent les transports publics en tant qu'entreprise étatique. Il en va de même pour la SSR dans ses émissions télévisées ou pour les hôpitaux financés par l'État.

Troisièmement, les autorités doivent veiller à ce que les droits fondamentaux déploient également leurs effets entre personnes privées (effet horizontal). Un exemple est la loi sur l'égalité pour les handicapés : elle oblige les commerces et restaurants privés à aménager leurs locaux de manière accessible aux handicapés.

Les conséquences juridiques diffèrent : les décisions étatiques qui violent les droits fondamentaux peuvent être contestées devant un tribunal. Les personnes privées ne doivent respecter certains droits fondamentaux que si une loi l'exige expressément.

L'art. 35 Cst. est l'instrument le plus important pour s'assurer que les droits fondamentaux ne restent pas lettre morte, mais soient effectivement protégés dans la vie quotidienne.