Texte de loi
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1Nul ne peut être privé de sa liberté si ce n’est dans les cas prévus par la loi et selon les formes qu’elle prescrit.

2Toute personne qui se voit privée de sa liberté a le droit d’être aussitôt informée, dans une langue qu’elle comprend, des raisons de cette privation et des droits qui sont les siens. Elle doit être mise en état de faire valoir ses droits. Elle a notamment le droit de faire informer ses proches.

3Toute personne qui est mise en détention préventive a le droit d’être aussitôt traduite devant un ou une juge, qui prononce le maintien de la détention ou la libération. Elle a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable.

4Toute personne qui se voit privée de sa liberté sans qu’un tribunal l’ait ordonné a le droit, en tout temps, de saisir le tribunal. Celui-ci statue dans les plus brefs délais sur la légalité de cette privation.

Aperçu

L'article 31 de la Constitution fédérale protège la liberté personnelle contre les interventions arbitraires de l'État. Il règle quand et comment l'État peut priver une personne de liberté.

Que règle cette norme ?

La disposition fixe quatre règles centrales : Premièrement, seule une loi peut elle-même déterminer quand la privation de liberté est autorisée (réserve de la loi). Deuxièmement, toute personne incarcérée doit être immédiatement informée des motifs. Troisièmement, les personnes en détention préventive ont le droit d'être conduites devant un juge. Quatrièmement, toute personne qui n'a pas été incarcérée par un tribunal peut à tout moment saisir un tribunal.

Qui est concerné ?

Toute personne en Suisse peut se prévaloir de ce droit fondamental. Cela concerne aussi bien les citoyens suisses que les étrangers. Les cas typiques sont la détention préventive en cas d'infractions pénales, la détention en vue du renvoi pour les étrangers sans autorisation de séjour ou l'internement forcé dans des cliniques psychiatriques.

Exemples concrets

Si la police arrête quelqu'un pour suspicion de vol, elle doit immédiatement informer la personne du motif et la conduire devant un juge dans les 24 heures. Le juge examine alors si la détention est justifiée. Pour les étrangers sans papiers valables, l'autorité peut ordonner une détention en vue du renvoi, mais seulement si une loi l'autorise expressément.

Conséquences juridiques

Les violations de ces règles rendent la privation de liberté illicite. La personne concernée peut exiger une libération immédiate et a droit à des dommages-intérêts. Les autorités doivent respecter des délais stricts et ne peuvent priver de liberté que pour des motifs définis légalement.