Texte de loi
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1La liberté de conscience et de croyance est garantie.

2Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté.

3Toute personne a le droit d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir et de suivre un enseignement religieux.

4Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.

Aperçu

L'article 15 de la Constitution fédérale protège la liberté de conscience et de croyance. Ce droit fondamental garantit à toutes les personnes en Suisse le droit de choisir librement leur religion ou leur conviction, de la pratiquer ou encore de la rejeter.

Ce droit fondamental a deux aspects : la liberté de religion positive donne le droit d'avoir une croyance et de l'exercer. La liberté de religion négative protège contre le fait d'être contraint à des actes religieux. Les deux aspects sont également importants.

Qui est protégé ? Toutes les personnes en Suisse peuvent se prévaloir de la liberté de conscience et de croyance. Cela vaut pour les citoyens suisses et les étrangers, pour les adultes et les enfants. Les communautés religieuses (églises, mosquées, temples) ont également certains droits.

Qu'est-ce qui est permis ? Les personnes peuvent exercer leur religion en privé et en public. Elles peuvent prier, porter des vêtements religieux, assister aux offices religieux et communiquer leurs convictions à autrui. Personne ne peut les contraindre à adhérer à une religion déterminée ou à accomplir des actes religieux.

Exemples pratiques : Une élève musulmane peut porter un foulard à l'école. Les Témoins de Jéhovah ne peuvent pas être contraints à participer à des célébrations patriotiques. Un travailleur peut demander un congé pour son jour de fête religieux, si l'entreprise le permet.

Quelles sont les limites ? La liberté de religion n'est pas illimitée. L'État peut imposer des restrictions lorsque d'autres intérêts importants sont concernés. Exemple : les cloches d'église peuvent être sonnées moins fort la nuit afin que les voisins puissent dormir.

Situations particulières : À l'école, l'État doit être neutre. Il ne peut ni favoriser ni désavantager une religion. Lors de naturalisations, il est interdit de rejeter quelqu'un uniquement en raison de sa religion. En prison ou au service militaire, les pratiques religieuses peuvent être limitées, mais doivent en principe rester possibles.

Conséquences juridiques : Quiconque viole ce droit fondamental peut être poursuivi en justice. Le Tribunal fédéral a clarifié dans de nombreux arrêts que la discrimination religieuse est inadmissible. En même temps, les pratiques religieuses doivent parfois céder le pas lorsqu'elles porteraient gravement atteinte à autrui.