Texte de loi
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1La Confédération légifère sur les banques et sur les bourses en tenant compte du rôle et du statut particuliers des banques cantonales.

2Elle peut légiférer sur les services financiers dans d’autres domaines.

3Elle légifère sur les assurances privées.

Aperçu

L'art. 98 Cst. donne à la Confédération le pouvoir d'édicter des lois sur les banques, les bourses et les assurances. Cette norme constitutionnelle est le fondement juridique de toute la réglementation suisse des marchés financiers.

Que règle cette norme ?

La Confédération peut édicter des prescriptions dans trois domaines : Premièrement, elle doit réglementer le système bancaire et boursier (al. 1). Ce faisant, elle doit tenir compte du rôle particulier des banques cantonales. Deuxièmement, elle peut réglementer d'autres services financiers comme la gestion de fortune ou les opérations de paiement (al. 2). Troisièmement, elle doit réglementer l'assurance privée (al. 3).

Qui est concerné ?

Toutes les banques, bourses et compagnies d'assurance en Suisse sont concernées. Cela comprend les grandes banques comme UBS et Credit Suisse, les instituts régionaux, les banques cantonales et les nouveaux prestataires de services financiers comme les plateformes de crypto-monnaies. Les fournisseurs étrangers doivent aussi respecter les règles suisses s'ils font des affaires ici.

Quelles sont les conséquences juridiques ?

La Confédération peut édicter des lois étendues : obligations d'autorisation (qui peut exploiter une banque ou une assurance), prescriptions sur les fonds propres (combien d'argent les instituts doivent-ils détenir en garantie) et mesures de surveillance. La conséquence la plus importante est la création de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA, qui surveille tous les établissements financiers.

Exemple concret :

Une nouvelle société veut émettre des cartes de crédit en Suisse. Elle a besoin d'une licence bancaire de la FINMA, doit présenter un capital minimum de plusieurs millions de francs et annoncer toutes ses activités à l'autorité de surveillance. Sans licence, elle commet une infraction pénale.

Les cantons peuvent continuer d'exploiter leurs propres banques cantonales ou assurances publiques. Ils doivent cependant garantir une concurrence équitable et ne peuvent pas évincer les fournisseurs privés.

L'art. 98 Cst. veille à ce que la place financière suisse reste stable et digne de confiance. En même temps, la réglementation protège les épargnants, investisseurs et assurés contre les fournisseurs peu sérieux.