Texte de loi
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1La Confédération légifère sur la circulation routière.

2Elle exerce la haute surveillance sur les routes d’importance nationale; elle peut déterminer les routes de transit qui doivent rester ouvertes au trafic.

3L’utilisation des routes publiques est exempte de taxe. L’Assemblée fédérale peut autoriser des exceptions.

Art. 82 Cst. — Circulation routière

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L'art. 82 Cst. règle les compétences de la Confédération et des cantons en matière de circulation routière. Cette disposition confère à la Confédération le droit exclusif d'édicter des lois sur la circulation routière. Tous les usagers de la route sont concernés : automobilistes, motocyclistes, conducteurs de poids lourds et tous ceux qui utilisent des véhicules motorisés sur les routes publiques.

La Confédération fait un usage complet de cette compétence. Elle règle dans la loi sur la circulation routière (LCR) qui peut conduire, quelles règles de circulation s'appliquent et comment les véhicules doivent être conçus. Exemple : la limitation de vitesse de 50 km/h en localité s'applique uniformément dans toute la Suisse. Un canton ne peut pas la réduire de sa propre autorité à 40 km/h.

De plus, la Confédération exerce la haute surveillance sur les routes de transit importantes. Elle peut déterminer quelles routes doivent rester ouvertes au trafic interrégional. Elle peut ainsi empêcher qu'un canton ferme une route de col alpine importante au trafic marchandises pour des raisons de protection de l'environnement.

Un principe important est l'utilisation gratuite des routes. Personne ne doit payer de redevances directes pour circuler sur les routes publiques. Sont par exemple interdits les péages routiers ou les systèmes de péage urbain sur le modèle londonien. Restent toutefois autorisées les taxes de stationnement, car celles-ci ne sont pas perçues pour la circulation, mais pour l'immobilisation du véhicule.

L'Assemblée fédérale peut autoriser des exceptions à l'interdiction des redevances. Ce fut le cas avec la vignette autoroutière et la redevance sur le trafic des poids lourds. De telles exceptions doivent cependant être spécialement motivées et étroitement limitées.

Les conséquences juridiques sont claires : les lois cantonales sur la circulation sont en principe inadmissibles. Si un canton viole l'interdiction des redevances, les citoyens peuvent s'en prévaloir directement devant un tribunal. La Confédération peut contraindre les cantons à maintenir ouvertes les routes de transit importantes.