Texte de loi
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1Les travailleurs, les employeurs et leurs organisations ont le droit de se syndiquer pour la défense de leurs intérêts, de créer des associations et d’y adhérer ou non.

2Les conflits sont, autant que possible, réglés par la négociation ou la médiation.

3La grève et le lock-out sont licites quand ils se rapportent aux relations de travail et sont conformes aux obligations de préserver la paix du travail ou de recourir à une conciliation.

4La loi peut interdire le recours à la grève à certaines catégories de personnes.

Aperçu

L'art. 28 Cst. règle la liberté de coalition. C'est le droit des travailleurs et des employeurs de s'organiser en syndicats et associations. La norme protège tant le droit d'adhérer à une organisation que le droit de rester à l'écart.

La disposition garantit trois domaines importants : premièrement la création d'organisations d'employés et d'employeurs. Deuxièmement l'autonomie tarifaire — c'est-à-dire le droit de négocier collectivement sur les salaires et conditions de travail. Troisièmement le droit de grève et le droit au lock-out.

Une grève n'est autorisée que sous certaines conditions. Elle doit concerner les relations de travail et ne peut pas violer l'obligation de paix. Ce sont généralement les syndicats qui mènent les grèves. La loi peut interdire la grève à certaines personnes, par exemple aux policiers ou aux juges.

Avant un conflit du travail, les parties doivent tenter de résoudre leurs différends pacifiquement. Cela peut se faire par des négociations directes ou par une médiation.

Exemple : Le syndicat Unia veut obtenir des salaires plus élevés pour les ouvriers du bâtiment. Il négocie d'abord avec l'association des maîtres d'ouvrage. Si les discussions échouent, il peut appeler à la grève. Les ouvriers du bâtiment peuvent alors cesser le travail sans être licenciés. Les grèves sauvages sans syndicat ne sont en revanche généralement pas autorisées.

La liberté de coalition vaut aussi pour les employés de l'État. Ils ont le droit de s'organiser syndicalement. Les syndicats peuvent exiger que l'État les reconnaisse comme partenaires de négociation et leur accorde l'accès aux bâtiments administratifs.

La norme transpose les traités internationaux, notamment les conventions de l'Organisation internationale du travail et la Convention européenne des droits de l'homme. Ces instruments obligent la Suisse à protéger la liberté d'association des partenaires sociaux.

En cas de conflits entre employeurs et employés, l'art. 28 Cst. agit aussi dans le droit privé. Les tribunaux doivent respecter la liberté de coalition lorsqu'ils statuent sur des licenciements ou des dommages-intérêts.