Texte de loi
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1Les Suisses et les Suissesses ne peuvent être expulsés du pays; ils ne peuvent être remis à une autorité étrangère que s’ils y consentent.

2Les réfugiés ne peuvent être refoulés sur le territoire d’un État dans lequel ils sont persécutés ni remis aux autorités d’un tel État.

3Nul ne peut être refoulé sur le territoire d’un État dans lequel il risque la torture ou tout autre traitement ou peine cruels et inhumains.

Art. 25 Cst. — Protection contre l'expulsion et l'extradition

Aperçu

L'art. 25 Cst. protège les personnes contre l'éloignement forcé de la Suisse dans trois situations différentes. Cette disposition est particulièrement importante pour les personnes qui risquent de subir de graves violations du droit dans d'autres pays.

Les Suisses ne peuvent pas être expulsés. Les personnes détentrices d'un passeport suisse ne peuvent jamais être éloignées de force de la Suisse. Cela vaut également pour les doubles nationaux. Une extradition vers d'autres États n'est possible qu'avec le consentement exprès de la personne concernée. Ce consentement doit être donné librement — un simple silence ne suffit pas.

Exemple : Un Suisse commet une infraction pénale en Allemagne et se réfugie en Suisse. L'Allemagne peut demander son extradition. Mais la Suisse ne peut l'extrader que s'il y consent personnellement. S'il refuse son consentement, il doit rester en Suisse.

Les réfugiés sont protégés contre le renvoi. Les personnes persécutées dans leur pays d'origine ne peuvent pas y être renvoyées. Cela vaut tant pour les réfugiés reconnus que pour les personnes qui n'ont pas encore obtenu l'asile mais qui sont persécutées. Cette protection s'applique également aux extraditions vers le pays persécuteur.

Exemple : Une opposante iranienne se réfugie en Suisse. Même si sa demande d'asile n'est pas encore tranchée, elle ne peut pas être renvoyée en Iran tant qu'elle y risque d'être persécutée.

Nul ne peut être livré à la torture. La Suisse ne peut en principe renvoyer ou extrader aucune personne vers un pays où elle risque la torture. Il en va de même en cas de traitements inhumains ou dégradants. Cette protection est absolue et vaut pour tous — indépendamment de leur nationalité ou de ce qu'ils ont fait.

Exemple : Un terroriste doit être extradé vers un État où la torture est pratiquée systématiquement. La Suisse ne peut procéder à cette extradition, même si l'État concerné promet de ne pas torturer. Ce n'est que si de telles promesses sont crédibles et vérifiables qu'une extradition peut exceptionnellement avoir lieu.

Les conséquences juridiques sont claires : Si la Suisse enfreint ces interdictions, la décision d'expulsion ou d'extradition est nulle. La personne concernée peut s'y opposer par voie de recours. Pour les réfugiés et les victimes de torture, la Suisse doit examiner une admission provisoire si un retour est impossible.

L'art. 25 Cst. garantit que la Suisse ne devienne pas complice de violations des droits de l'homme. Cette disposition protège tant ses propres ressortissants que les étrangers particulièrement vulnérables contre les formes les plus graves de violence étatique.