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La liberté de l’art est garantie.

Art. 21 Cst. — La liberté de l'art est garantie

Vue d'ensemble

Que règle l'art. 21 Cst. ?

L'art. 21 Cst. protège la liberté de l'art comme un droit fondamental autonome. Cette disposition garantit le libre épanouissement de toutes les activités artistiques. Cela comprend la création d'œuvres d'art, leur diffusion et l'accès à l'art. L'État ne peut en principe pas déterminer ce qui constitue l'art ou évaluer son contenu.

Qui est concerné ?

La liberté de l'art protège diverses personnes :

  • Les artistes de tous les domaines (peintres, musiciens, écrivains, acteurs de théâtre)
  • Les galeristes, éditeurs et autres qui diffusent l'art
  • Le public qui souhaite avoir accès aux œuvres d'art
  • Les entreprises peuvent également se prévaloir de la liberté de l'art lorsqu'elles participent au processus artistique

Quelles sont les conséquences juridiques ?

La liberté de l'art protège en premier lieu contre la censure étatique. L'État ne peut pas interdire des œuvres d'art simplement parce qu'elles ne lui plaisent pas. Une censure préalable (contrôle avant publication) est en principe inadmissible. Les créateurs d'art n'ont cependant pas le droit d'exiger que l'État soutienne financièrement leur art.

La liberté de l'art a toutefois des limites. Lorsque des œuvres d'art violent d'autres droits fondamentaux, il faut procéder à une pesée d'intérêts. Ainsi, un roman qui présente une personne reconnaissable sous un mauvais jour peut violer ses droits de la personnalité. Les contenus pornographiques ne tombent pas non plus automatiquement sous la protection de la liberté de l'art.

Exemple concret :

Une pièce de théâtre critique vivement un homme politique et le présente comme corrompu. Le théâtre ne peut pas être simplement interdit, même si l'homme politique s'en offense. L'œuvre jouit de la protection de la liberté de l'art. Si toutefois la pièce diffusait des faits manifestement faux sur l'homme politique et portait gravement atteinte à sa réputation, une pesée d'intérêts pourrait pencher en faveur de la protection de la personnalité.

Les tribunaux examinent avec un soin particulier, pour les œuvres d'art satiriques ou critiques, s'il existe un rapport suffisant avec la réalité et si l'œuvre dans son ensemble a une valeur artistique.