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Le Conseil fédéral est l’autorité directoriale et exécutive suprême de la Confédération.

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L'art. 174 Cst. définit le Conseil fédéral comme l'autorité suprême de direction et d'exécution de la Confédération. Cette disposition confère au Conseil fédéral, composé de sept membres, une double fonction : il est à la fois gouvernement et autorité administrative suprême (ATF 129 II 193 c. 4.1).

En tant qu'autorité de direction, le Conseil fédéral détermine l'orientation politique du pays. Il planifie les lois, conduit la politique extérieure et prend les décisions importantes pour la conduite de l'État (FF 1997 I 1, 432). En tant qu'autorité d'exécution, il met en œuvre les lois fédérales, édicte des ordonnances et dirige l'administration fédérale avec ses quelque 38'000 employés.

La désignation d'autorité « suprême » signifie que le Conseil fédéral occupe la position la plus élevée au sein de l'exécutif. Seule l'Assemblée fédérale, en tant qu'autorité suprême de la Confédération, lui est supérieure. Cette position de sommet a d'importantes conséquences juridiques : les décisions du Conseil fédéral en corps ne peuvent en principe pas être attaquées devant un tribunal (ATF 129 II 193 c. 2.1). Une exception n'existe que pour les décisions en matière de personnel, lorsque la loi le prévoit expressément.

Un exemple de la portée pratique : si le Conseil fédéral décide d'une interdiction d'entrée contre une personne déterminée pour des raisons de sécurité, cette personne ne peut pas porter plainte devant le Tribunal fédéral contre cette décision. Il en va autrement si un département (ministère) prononce une interdiction d'entrée sur mandat du Conseil fédéral – dans ce cas, la voie de droit est ouverte (ATF 129 II 193 c. 4.2.2).

Cette position constitutionnelle fait du Conseil fédéral l'autorité exécutive la plus puissante de la Suisse, mais aussi une autorité soumise à un contrôle judiciaire limité.