Texte de loi
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1L’Assemblée fédérale est l’autorité suprême de la Confédération, sous réserve des droits du peuple et des cantons.

2Elle se compose de deux Chambres, le Conseil national et le Conseil des États, dotées des mêmes compétences.

Art. 148 Cst. - Aperçu

L'art. 148 Cst. établit que l'Assemblée fédérale détient l'autorité suprême de la Confédération. Cette autorité suprême est toutefois limitée par les droits du peuple et des cantons. L'Assemblée fédérale se compose de deux chambres égales en droits : le Conseil national et le Conseil des États.

Que règle la norme ? La disposition définit l'Assemblée fédérale comme l'autorité étatique suprême de la Suisse. Selon le message relatif à la nouvelle constitution fédérale, l'art. 148 Cst. constitue le « fondement constitutionnel de l'ensemble du droit parlementaire » (FF 1997 I 404). L'autorité suprême comprend selon la doctrine à la fois des fonctions législatives et certaines fonctions gouvernementales, l'étendue exacte étant controversée (Thurnherr, BSK BV, Art. 148 N. 3-5).

Qui est concerné ? Toutes les autorités fédérales et les citoyennes et citoyens sont concernés par la suprématie parlementaire. L'Assemblée fédérale élit le Conseil fédéral et les juges fédéraux (→ art. 168, 175 Cst.) et contrôle leur activité (→ art. 169 Cst.). En même temps, le peuple et les cantons ont le droit de bloquer les décisions parlementaires par des référendums (→ art. 140, 141 Cst.).

Quelles sont les conséquences juridiques ? L'Assemblée fédérale peut édicter des lois fédérales (→ art. 163 Cst.), approuver le budget fédéral (→ art. 167 Cst.) et surveiller les autres autorités fédérales suprêmes. Le système bicaméral signifie : seul l'accord des deux conseils permet d'adopter une décision (→ art. 156 al. 2 Cst.). En cas de désaccord entre les chambres, une procédure spéciale entre en vigueur pour éliminer les divergences.

Exemple concret : Si l'Assemblée fédérale veut augmenter la taxe sur la valeur ajoutée, le Conseil national et le Conseil des États doivent d'abord donner leur accord. Ensuite, 50'000 citoyens ou huit cantons peuvent saisir le référendum facultatif. Si le référendum aboutit, le peuple tranche aux urnes. L'« autorité suprême » de l'Assemblée fédérale est donc limitée par la démocratie directe.

L'égalité des deux chambres fait de la Suisse un cas rare de « bicaméralisme parfait » (FF 1997 I 405). Contrairement à d'autres pays, les deux conseils ont exactement les mêmes droits et devoirs.