Art. 139a Cst. — Aperçu

L'art. 139a Cst. règle l'examen des initiatives populaires fédérales quant à leur compatibilité avec le droit international. Cette disposition a été créée en 2018 comme contre-projet indirect à l'initiative pour l'autodétermination qui avait été retirée et est entrée en vigueur le 1er janvier 2019 (FF 2019 203).

Que règle la norme ?

L'Assemblée fédérale doit examiner, pour chaque initiative constitutionnelle valable, si celle-ci est compatible avec les obligations de droit international de la Suisse. Cela comprend tous les types de droit international — des traités de droit international au droit international coutumier (Waldmann, BSK BV, Art. 139a N. 4). Si une incompatibilité est constatée, le Conseil fédéral et l'Assemblée fédérale doivent informer les citoyens ayant le droit de vote sur la « signification et la portée » d'une acceptation de l'initiative.

Qui est concerné ?

Les comités d'initiative dont les demandes sont examinées sont directement concernés, ainsi que les citoyens ayant le droit de vote qui doivent recevoir des informations complètes sur d'éventuels conflits avec le droit international. L'Assemblée fédérale porte la responsabilité principale de la procédure d'examen, tandis que le Conseil fédéral participe à l'information du public.

Quelles sont les conséquences juridiques ?

Contrairement à l'art. 139, al. 3, Cst., une violation du droit international constatée n'entraîne pas la nullité de l'initiative. La conséquence juridique principale consiste en une obligation d'information renforcée : les documents de votation doivent informer de manière objective et compréhensible sur les conséquences d'une acceptation (Epiney, BSK BV, Art. 139a N. 8). L'initiative reste valable et est soumise au vote.

Exemple concret

Une initiative populaire demande que la Suisse sorte de la Convention européenne des droits de l'homme. L'Assemblée fédérale constate que cela serait incompatible avec les obligations de droit international. L'initiative n'est pas déclarée nulle, mais les documents de votation doivent expliquer en détail quelles seraient les conséquences juridiques et politiques d'une sortie — par exemple la suppression de la protection des droits de l'homme ou les conséquences diplomatiques.

L'art. 139a Cst. renforce ainsi la démocratie directe par une information complète, sans limiter les droits populaires par des motifs de nullité supplémentaires. Le peuple décide en connaissance de toutes les conséquences (FF 2017 5295, 5320).