Texte de loi
Fedlex ↗

La Confédération et les cantons veillent à ce que les victimes d’une infraction portant atteinte à leur intégrité physique, psychique ou sexuelle bénéficient d’une aide et reçoivent une juste indemnité si elles connaissent des difficultés matérielles en raison de l’infraction.

Art. 124 Cst. - Aperçu

Que règle la norme ?

L'art. 124 Cst. oblige la Confédération et les cantons à porter secours aux victimes d'actes de violence. Cette aide comprend trois éléments : l'aide immédiate, l'aide à long terme et l'indemnisation financière pour les victimes d'infractions qui ont subi une atteinte à leur intégrité corporelle, psychique ou sexuelle.

La disposition constitutionnelle est concrétisée par la loi sur l'aide aux victimes (LAVI). Selon BGE 125 II 265 E. 3a, l'art. 124 Cst. fonde un droit constitutionnel à l'aide aux victimes.

Qui est concerné ?

Les victimes sont des personnes directement lésées par une infraction (victimes primaires). Cela comprend aussi les proches parents comme les membres de la famille qui ont subi un préjudice psychique du fait de l'infraction elle-même (victimes secondaires). Selon l'art. 1 al. 2 LAVI, ces personnes peuvent aussi avoir droit à une aide.

L'aide n'intervient selon Göksu (BSK BV, Art. 124 N. 7) qu'après qu'une infraction ait été effectivement commise, non pas déjà en cas de menace. Les personnes morales sont exclues de la protection.

Quelles conséquences juridiques en résultent ?

L'aide aux victimes se divise en trois niveaux : l'aide immédiate (traitement médical, intervention de crise), l'aide à long terme (conseil, thérapie) et les prestations financières (indemnisation, réparation morale).

Pour l'indemnisation financière, la victime doit se trouver dans des difficultés économiques. L'indemnisation est subsidiaire – d'autres prestations sont imputées (BGE 131 II 217). Les demandes doivent être déposées dans un délai de deux ans (art. 25 LAVI).

Exemple concret

Une femme est blessée physiquement et traumatisée psychiquement lors d'un vol à main armée. Elle reçoit immédiatement un traitement médical (aide immédiate), puis un suivi psychologique (aide à long terme). Comme elle ne peut pas travailler en raison des séquelles et que son revenu tombe sous le seuil de pauvreté, elle reçoit une indemnisation mensuelle jusqu'au rétablissement de sa capacité de travail.