Texte de loi
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1La législation sur l’entrée en Suisse, la sortie, le séjour et l’établissement des étrangers et sur l’octroi de l’asile relève de la compétence de la Confédération.

2Les étrangers qui menacent la sécurité du pays peuvent être expulsés de Suisse.

3Ils sont privés de leur titre de séjour, indépendamment de leur statut, et de tous leurs droits à séjourner en Suisse: a. s’ils ont été condamnés par un jugement entré en force pour meurtre, viol, ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d’une autre nature tel que le brigandage, la traite d’êtres humains, le trafic de drogue ou l’effraction; ou b. s’ils ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale. Accepté en votation populaire du 28 nov. 2010 , en vigueur depuis le 28 nov. 2010 (AF du 18 juin 2010, ACF du 17 mai 2011; RO 2011 1199 ; FF 2008 1745 , 2009 4571 , 2010 3853 , 2011 2593 ).

4Le législateur précise les faits constitutifs des infractions visées à l’al. 3. Il peut les compléter par d’autres faits constitutifs. Accepté en votation populaire du 28 nov. 2010 , en vigueur depuis le 28 nov. 2010 (AF du 18 juin 2010, ACF du 17 mai 2011; RO 2011 1199 ; FF 2008 1745 , 2009 4571 , 2010 3853 , 2011 2593 ).

5Les étrangers qui, en vertu des al. 3 et 4, sont privés de leur titre de séjour et de tous leurs droits à séjourner en Suisse doivent être expulsés du pays par les autorités compétentes et frappés d’une interdiction d’entrer sur le territoire allant de 5 à 15 ans. En cas de récidive, l’interdiction d’entrer sur le territoire sera fixée à 20 ans. Accepté en votation populaire du 28 nov. 2010 , en vigueur depuis le 28 nov. 2010 (AF du 18 juin 2010, ACF du 17 mai 2011; RO 2011 1199 ; FF 2008 1745 , 2009 4571 , 2010 3853 , 2011 2593 ).

6Les étrangers qui contreviennent à l’interdiction d’entrer sur le territoire ou qui y entrent illégalement de quelque manière que ce soit sont punissables. Le législateur édicte les dispositions correspondantes. Accepté en votation populaire du 28 nov. 2010 , en vigueur depuis le 28 nov. 2010 (AF du 18 juin 2010, ACF du 17 mai 2011; RO 2011 1199 ; FF 2008 1745 , 2009 4571 , 2010 3853 , 2011 2593 ).

Art. 121 Cst. — Législation sur les étrangers et l'asile

Vue d'ensemble

L'article 121 Cst. règle la compétence de la Confédération pour le droit des étrangers et de l'asile. La Confédération détermine seule qui peut entrer en Suisse, combien de temps les étrangers peuvent rester et quand ils obtiennent l'asile.

Les principales réglementations :

Compétence fédérale : Seule la Confédération peut édicter des lois sur l'entrée et la sortie, le séjour et l'établissement d'étrangers. Le droit d'asile relève également de la Confédération. Les cantons exécutent ces lois, mais ne peuvent pas établir leurs propres règles.

Expulsion de sécurité : Les étrangers peuvent être expulsés s'ils mettent en danger la sécurité de la Suisse. Ceci concerne notamment les personnes qui soutiennent des activités terroristes.

Perte automatique du droit de séjour : En cas d'infractions graves, les étrangers perdent automatiquement leur droit de rester en Suisse. Ceci s'applique en cas de condamnations pour infractions contre la vie et l'intégrité corporelle (meurtre, assassinat), viols, brigandage, traite d'êtres humains, trafic de stupéfiants, infractions d'effraction ou escroquerie aux assurances sociales. Une interdiction d'entrée de 5 à 15 ans est prononcée. En cas d'infractions répétées, l'interdiction est de 20 ans.

Exemple : Un ressortissant italien titulaire d'un permis d'établissement est condamné à deux ans de prison pour trafic de stupéfiants. Selon la loi, il doit quitter la Suisse et reçoit une interdiction d'entrée. Ce n'est qu'en cas de rigueur particulière que le tribunal peut y renoncer – par exemple si la personne est née en Suisse et est très bien intégrée.

Punissabilité : Quiconque entre illégalement en Suisse malgré une interdiction d'entrée commet une infraction et peut être puni d'un emprisonnement jusqu'à un an.

Ces règles strictes ont vu le jour après l'adoption de la soi-disant « initiative sur le renvoi » en 2010. La mise en œuvre doit cependant respecter les droits de l'homme, en particulier la protection de la famille et l'interdiction d'envoyer des personnes vers la torture ou des traitements inhumains.