Texte de loi
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1L’être humain et son environnement doivent être protégés contre les abus en matière de génie génétique.

2La Confédération légifère sur l’utilisation du patrimoine germinal et génétique des animaux, des végétaux et des autres organismes. Ce faisant, elle respecte l’intégrité des organismes vivants et la sécurité de l’être humain, de l’animal et de l’environnement et protège la diversité génétique des espèces animales et végétales.

Aperçu

L'art. 120 Cst. protège contre les abus du génie génétique (modification du patrimoine génétique). La disposition comprend deux alinéas : l'alinéa 1 protège l'être humain et l'environnement contre les abus. L'alinéa 2 confie à la Confédération la tâche d'édicter des règles pour le traitement du patrimoine génétique des animaux, des plantes et des autres organismes.

La Confédération doit respecter trois principes importants : la dignité de la créature, la sécurité de l'être humain, des animaux et de l'environnement ainsi que la protection de la diversité génétique. Par « dignité de la créature », la doctrine juridique entend la valeur éthique propre des êtres vivants. Toutefois, il est controversé de savoir si ce concept ne concerne que les animaux et les plantes ou s'il englobe aussi les êtres humains (Errass contra doctrine dominante selon Waldmann, BSK BV, Art. 120 N. 14-78).

Sont concernées toutes les personnes qui travaillent avec le génie génétique : chercheurs, agriculteurs, entreprises pharmaceutiques et autorités. Le Tribunal fédéral a décidé que lors d'expériences sur animaux, il faut tenir compte de la proximité particulière des primates avec l'être humain (BGE 135 II 384).

Des exemples concrets montrent l'importance : un essai de dissémination avec du blé génétiquement modifié doit prendre en considération tous les biens protégés (BGE 129 II 286). En agriculture, un moratoire sur les organismes génétiquement modifiés s'applique depuis 2005 (art. 37a LGG), qui a été prolongé plusieurs fois.

Les conséquences juridiques sont variées : les chercheurs ont besoin d'autorisations pour les expériences. Les entreprises doivent respecter les prescriptions de sécurité. Les autorités examinent chaque demande avec soin. Bâle-Ville a même discuté de droits fondamentaux pour les grands singes, ce que le Tribunal fédéral a en principe jugé admissible (BGE 147 I 183).

L'art. 120 Cst. montre que la constitution réagit aussi aux nouvelles technologies et fixe des limites éthiques.