Texte de loi
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Quiconque est dans une situation de détresse et n’est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine.

Art. 12 Cst. — Droit d'obtenir de l'aide dans des situations de détresse

Aperçu

L'article 12 de la Constitution fédérale donne aux personnes en situation de détresse le droit d'obtenir l'aide de l'État. Ce droit fondamental (droit inaliénable de toute personne) garantit les moyens élémentaires de survie et d'existence conforme à la dignité humaine.

Qui a droit à l'aide ? Toute personne qui se trouve dans une situation de détresse aiguë et qui ne peut pas s'aider elle-même. Une situation de détresse existe lorsque quelqu'un ne peut pas satisfaire ses besoins vitaux les plus importants : nourriture, logement, vêtements ou traitement médical. La personne doit toutefois d'abord avoir épuisé toutes ses propres possibilités (principe de subsidiarité). Celui qui refuse un travail raisonnablement exigible ou renonce à d'autres aides ne reçoit en principe aucun soutien.

Quelle aide est fournie ? L'État doit mettre à disposition les moyens absolument nécessaires à la survie. Cela comprend le logement, la nourriture, les vêtements et les soins médicaux de base. L'aide peut être fournie sous forme d'argent ou de prestations en nature (mise à disposition directe de logement et de nourriture). Pour les demandeurs d'asile déboutés, seules des prestations en nature sont souvent accordées.

Exemple pratique : Une mère célibataire perd son emploi et ne peut plus payer son loyer. Elle n'a pas de fortune et pas de famille qui pourrait l'aider. L'allocation de chômage ne suffit pas pour vivre. Dans cette situation, elle peut demander l'aide d'urgence jusqu'à ce qu'un autre soutien (aide sociale) intervienne ou qu'elle retrouve du travail.

Limites importantes : Le droit ne vaut que pour le minimum absolu de survie. Ce n'est pas un droit à une vie confortable. La personne concernée doit activement chercher des solutions et accepter l'aide proposée. Celui qui cache ses propres moyens ou n'utilise pas toutes les possibilités perd le droit à l'aide.

Contrairement à d'autres droits fondamentaux, l'art. 12 Cst. ne peut pas être restreint. Même les délinquants ou les personnes sans statut de séjour légal conservent ce droit. Le droit protège la dignité humaine sous sa forme la plus fondamentale.