Texte de loi
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1La Confédération veille à la sauvegarde des intérêts de l’économie suisse à l’étranger.

2Dans des cas particuliers, elle peut prendre des mesures afin de protéger l’économie suisse. Elle peut, au besoin, déroger au principe de la liberté économique.

Aperçu

L'art. 101 Cst. règle la politique économique extérieure de la Suisse. Cette disposition confère à la Confédération deux missions importantes : elle doit promouvoir les intérêts économiques suisses à l'étranger et peut, en cas de besoin, protéger l'économie nationale.

Promotion à l'étranger

La Confédération aide les entreprises suisses dans leurs exportations et leurs investissements à l'étranger. Elle conclut à cette fin des accords commerciaux, fournit un soutien diplomatique et offre des garanties contre les risques à l'exportation. Cette promotion s'effectue par l'intermédiaire d'organisations comme Switzerland Global Enterprise ou par les ambassades suisses. L'objectif est de donner accès aux marchés étrangers aux entreprises suisses et de les protéger contre tout traitement inéquitable.

Protection de l'économie nationale

Dans des cas particuliers, la Confédération peut protéger l'économie suisse contre une concurrence étrangère préjudiciable. Cela se fait par exemple par des restrictions à l'importation (limites quantitatives pour certaines marchandises), des droits de douane de protection ou des prescriptions techniques. De telles mesures ne sont toutefois autorisées que si des circonstances exceptionnelles l'exigent – par exemple en cas de crise économique ou lorsque des États étrangers favorisent leurs entreprises de manière déloyale.

Exemple tiré de la pratique

Si un partenaire commercial important impose soudainement des droits de douane élevés sur les machines suisses, la Confédération peut intervenir par la voie diplomatique ou introduire à son tour des restrictions à titre de contre-mesure. En cas d'inondation du marché suisse par des produits étrangers subventionnés, elle pourrait décider de mesures de protection temporaires.

L'article permet en outre à la Confédération de déroger, en cas d'urgence, au principe normal de la liberté économique. Cela signifie qu'elle peut temporairement intervenir plus fortement dans l'économie qu'il ne serait normalement permis. Cette exception est cependant strictement liée à des circonstances particulières.

L'art. 101 Cst. ne crée pas de droits directs pour les particuliers ou les entreprises. Ils ne peuvent pas simplement exiger que la Confédération prenne certaines mesures. Cette disposition constitue plutôt une instruction de travail à l'intention du gouvernement.