Texte de loi
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1La Confédération protège les régions alpines contre les effets négatifs du trafic de transit. Elle limite les nuisances causées par le trafic de transit afin qu’elles ne portent pas atteinte aux êtres humains, aux animaux, aux plantes, ni à leurs espaces vitaux.

2Le trafic de marchandises à travers la Suisse sur les axes alpins s’effectue par rail. Le Conseil fédéral prend les mesures nécessaires. Les dérogations ne sont accordées que si elles sont inévitables. Elles doivent être précisées dans une loi.

3La capacité des routes de transit des régions alpines ne peut être augmentée. Les routes de contournement qui déchargent les localités du trafic de transit ne sont pas soumises à cette disposition.

Art. 84 Cst. — Aperçu

L'art. 84 Cst. protège les cantons alpins suisses contre les conséquences négatives du trafic de transit. Cette disposition constitutionnelle est née de l'initiative populaire « pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit », qui a été acceptée en 1994 (FF 1994 II 697).

Que règle cet article ?

La norme contient trois obligations centrales pour la Confédération : Premièrement, elle doit protéger les régions alpines contre les effets nuisibles du trafic de transit (al. 1). Deuxièmement, le transport de marchandises à travers les Alpes doit en principe s'effectuer par rail (al. 2). Troisièmement, la capacité des routes de transit ne peut être augmentée (al. 3).

Qui est concerné ?

Les régions alpines comprennent selon l'art. 2 LTTM les cantons d'Uri, Schwyz, Obwald, Nidwald, Glaris, Tessin, Grisons et Valais. Toutes les entreprises de transport qui transportent des marchandises à travers ces cantons sont concernées. La population de ces régions bénéficie de la protection contre le bruit, la pollution atmosphérique et la charge de trafic.

Quelles conséquences juridiques en résultent ?

La Confédération doit prendre des mesures concrètes. L'instrument le plus important est la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP), qui est perçue depuis le 1er janvier 2001 (ATF 136 II 337 c. 2.2). Cette redevance renchérit les transports par camion à travers les Alpes et doit ainsi reporter le trafic marchandises sur le rail. En outre, des interdictions de circuler la nuit et le dimanche s'appliquent aux camions, ainsi que des limites de poids.

Exemple tiré de la pratique

Une entreprise de transport qui transporte des marchandises d'Allemagne en Italie doit payer la RPLP pour chaque kilomètre à travers les régions alpines. La redevance dépend du poids du véhicule et de sa norme environnementale. Un camion de 40 tonnes paie plus de 300 francs de RPLP pour le trajet Bâle-Chiasso. Cela rend souvent les transports ferroviaires plus économiques.

Les objectifs de report ne sont toutefois pas encore atteints. Le trafic marchandises à travers les Alpes s'effectue encore majoritairement par la route. De nouveaux instruments comme une éventuelle bourse du transit alpin sont discutés pour réaliser les objectifs constitutionnels.