Texte de loi
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1La Confédération légifère sur la protection de l’être humain et de son environnement naturel contre les atteintes nuisibles ou incommodantes.

2Elle veille à prévenir ces atteintes. Les frais de prévention et de réparation sont à la charge de ceux qui les causent.

3L’exécution des dispositions fédérales incombe aux cantons dans la mesure où elle n’est pas réservée à la Confédération par la loi.

Art. 74 — Protection de l'environnement

Vue d'ensemble

L'article 74 Cst. donne à la Confédération la mission de protéger l'être humain et l'environnement contre les atteintes nuisibles à l'environnement. La Confédération doit édicter des lois qui préviennent les atteintes nuisibles ou incommodantes. Les cantons mettent en œuvre ces lois.

L'article repose sur deux principes importants : Premièrement, les atteintes à l'environnement doivent être prévenues avant qu'elles ne surviennent (principe de précaution). Deuxièmement, ceux qui causent des atteintes à l'environnement doivent en supporter les coûts (principe du pollueur-payeur selon l'art. 2 LPE, voir Griffel, BSK BV, Art. 74 N. 34-36).

Les atteintes nuisibles menacent considérablement la santé ou le bien-être. Les atteintes incommodantes perturbent le bien-être sans être dangereuses pour la santé (Griffel, BSK BV, Art. 74 N. 16-20). La loi sur la protection de l'environnement (LPE) concrétise ces notions.

Le principe de précaution signifie : L'État doit déjà agir en cas de dangers possibles. Il n'attend pas que des dommages soient survenus (Marti, Vorsorgeprinzip, S. 156). Le Tribunal fédéral l'a confirmé lors de la crise de l'ESB : « La Confédération doit prendre toutes les mesures qui s'imposent selon l'état de la science et de l'expérience » (BGE 132 II 305).

Exemple : Une usine veut construire une nouvelle installation. Elle doit déjà lors de la planification intégrer toutes les mesures de protection de l'environnement techniquement possibles et économiquement supportables. Ceci vaut même si les valeurs limites seraient respectées (Rausch/Marti/Griffel, Umweltrecht, S. 67).

Le principe du pollueur-payeur assure l'équité des coûts : Celui qui pollue l'environnement paie pour la protection et l'assainissement. Ceci se fait par des redevances (comme la taxe CO₂), des émoluments ou des règles de responsabilité. Les déplacements de coûts injustifiés sont interdits, comme l'a décidé le Tribunal fédéral concernant les taxes sur les déchets (BGE 129 I 290).

La répartition des compétences est claire : La Confédération édicte les règles, les cantons les exécutent. Les cantons peuvent édicter des prescriptions environnementales plus strictes, mais jamais plus faibles.