Texte de loi
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1Les membres de l’Assemblée fédérale votent sans instructions.

2Ils rendent publics les liens qu’ils ont avec des groupes d’intérêts.

Aperçu

L'art. 161 Cst. règle l'indépendance des membres du Parlement de l'Assemblée fédérale. La disposition contient deux principes importants : le mandat libre et l'obligation de transparence.

Le mandat libre (al. 1) signifie que les conseillers nationaux et aux États votent sans être liés juridiquement par des instructions. Ils ne doivent de comptes à personne – ni à leur parti, ni aux associations ou groupes d'électeurs. Chaque parlementaire décide selon sa conscience et sa conviction personnelles. Exemple : un conseiller national UDC peut voter en faveur d'un accord avec l'UE, bien que son parti s'y oppose. Son parti peut le critiquer, mais ne peut pas le contraindre légalement à voter autrement.

L'obligation de transparence (al. 2) oblige tous les parlementaires à déclarer leurs liens d'intérêts. Cela comprend les mandats de conseil d'administration, les fonctions de conseil, les participations dans des entreprises ou les adhésions à des organisations d'intérêts. Cette déclaration permet au public de reconnaître d'éventuels conflits d'intérêts. Exemple : un conseiller national doit indiquer s'il siège au conseil d'administration d'une banque et vote sur la réglementation bancaire.

Les deux principes se complètent : le mandat libre protège contre les pressions inadmissibles, la transparence crée la confiance par l'ouverture. Les violations du mandat libre sont juridiquement sans effet. Quiconque dissimule ses liens d'intérêts risque des conséquences politiques et peut être poursuivi disciplinairement.

Des limites existent en cas de tromperie délibérée : quiconque planifie secrètement un changement de parti déjà avant l'élection viole les droits des électrices et électeurs.